Clet Abraham. Parcours d’un artiste français installé à Florence


Derrière les panneaux de signalisation humanisés qui jalonnent les capitales de notre planète se cache Clet Abraham, un artiste français résidant en Italie installé à Florence. C’est de ce choc des cultures, mais aussi de l’urbanisme et de la nature, que ce génie du Street art a su créer son identité propre. Parcours.

Quelles ont été les raisons de votre départ de France? Clet

Au départ il y avait le besoin de sortir de France, de quitter ma Bretagne natale, pour mieux comprendre une autre culture, pour la découvrir et m’enrichir. Les Beaux-Arts en poche, en 1990, je suis arrivé à Rome suite à une opportunité professionnelle, en qualité de restaurateur de meubles. Puis, des liens sentimentaux et familiaux se sont tissés au fil du temps…et je suis resté en Italie par la force des choses. J’ai fini par me réfugier avec femme et enfant dans une petite maison perdue dans les bois, en Toscane, où je vivais très simplement, dans un certain isolement, avec très peu de moyens. Ce fut très dur, le système italien en matière de protection sociale étant très faible.

En quoi le fait de vivre à l’étranger différencie votre vie d’artiste ?

La créativité c’est l’association de deux choses, comme la culture française et italienne. On n’invente rien, on trouve une troisième voie. En tant qu’artiste, la grande difficulté matérielle m’a aussi contraint à en faire plus que les autres, à trouver des idées plus originales. Après avoir passé 10 ans en pleine nature, en arrivant à Florence, je suis resté choqué par le chaos urbain…la présence des panneaux de signalisation routière m’ont semblé défigurer l’esthétique de la ville de Florence. J’ai décidé de m’installer en ville, dans un atelier sur rue, d’être en contact direct avec les florentins, Puis en 2010, le détournement d’un panneau d’une voix sans issue avec le Christ crucifié suivi d’un article dans le Corriere della Sera ont tout fait basculer. Mon travail a été reconnu.

Comment êtes-vous perçu en France et quel regard y posez-vous ?

Mon travail c’est l’humain. Humaniser nos villes au travers de panneaux, eux même représentant l’ordre et l’autorité. Au départ, pour moi la France était au centre du monde. Puis à l’étranger, on remet en cause ses convictions, c’est bien là la richesse. Je détourne maintenant les panneaux du monde entier. Mais c’est à Brest que la première exposition de mon travail au sein d’un musée des Beaux-Arts verra le jour…j’ai été pourtant été embarqué par la police municipale l’année dernière après le détournement d’un panneau ! J’ai aussi appris à aimer Paris, une ville que j’ai envie de défendre. Cette ville est un repère fondamental pour la culture dans le monde. J’ai refusé la France pendant des années, mais une reconnaissance de mon travail comme à Paris je n’en n’ai trouvé nulle part ailleurs. Il y a surement un esprit français dans mon travail ; on se reconnait je pense.

 

 

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